Une demi-finale des J.O., ça se mérite, et surtout pour le spectateur ! A l'occasion de mes premiers matches de la compétition, je testais le dispositif de France Télévisions qui dédie 15 canaux Internet aux différentes retransmissions simultanées. Et, disons-le d'emblée, faut-il aimer ce sport pour s'enquiller à la suite deux matches de deux heures sur un écran de la taille d'un pin's, dans un streaming aussi flou que le schéma de jeu de l'Equipe de France au dernier Euro et sans commentaires par-dessus le marché. Cela dit, d'après les différentes remarques glanées çà et là, cette dernière carence est peu regrettable tant les journalistes made in France 2 semblent découvrir le sport. Pour preuve ce pauvre commentateur qui se débat avec la prononciation des noms ricains pendant tout le match (J’ai vu la première mi-temps des States sur un vrai écran).
Le jeu, maintenant. Tout démarrait avec un Lituanie-Espagne prometteur. Les champions d’Europe 2003 face aux champions du monde 2006 (et vice-champion d’Europe 2007). Une Lituanie présente en demi-finale des J.O. depuis qu’elle existe (1991), performance incroyable pour un pays de trois millions et demi d’habitants (parlez-moi de culture basket !), porté par l’un des meilleures duos du basket européen des années 2000 (Jasikevicius, MVP européen 2004 et 2005, triple champion d’Euroleague d’affilée avec deux équipes différentes, et Siskauskas, MVP 2008 et double champion) face à la Dream Team européenne que représente l’Espagne, forte du meilleur championnat du continent et d’un des trois meilleurs joueurs FIBA (L’aîné des Gasol, of course).
Bref, on s’attendait à du grand spectacle, connaissant l’engouement des ces deux pays pour un basket enlevé et offensif et… ce ne fut pas le cas. Est-ce dû à l’absence de Calderon côté espagnol ou à la fatigue d’un tournoi rude ? Toujours est-il que le jeu se transforma rapidement en guerre des tranchées dans laquelle marquer un panier dans la peinture devenait aussi difficile que faire des passes pour l’Equipe de France. Les fautes dures sous le panier étaient légion et il fallait être adroit aux lancers pour faire avancer la marque. Résultat : le score avance sur la foi d’exploits individuels au détriment du jeu collectif. A ce jeu, les stars connaissent des fortunes diverses. Si Navarro est transparent, Pau Gasol (19 pts), Rudy Fernandez (18) et l’improbable Jimenez (ça fait des années qu’il est improbable, d’ailleurs) répondent présent. A noter l’action du match pour le pivot des Lakers : sur une passe en position basse, il enroule son défenseur à la Olajuwon avant de « posteriser » trois Lituaniens qui passaient malheureusement par là. Plus la faute, s’il vous plaît ! Côté lituanien, si Siskauskas cherche désespérément son niveau de jeu du CSKA (seulement 7 points et 5 fautes, une feuille de stats à la A.B.), Jasikevicius (19 pts et 6 passes), Jasaitis (19 pts à 5/10 à 3-pts) et l’un des Lavrinovic (13 pts, 4/6 derrière l’arc) sont là. Grâce à leurs banderilles à trois points, les rêves baltes ne sont pas morts. Mais le réveil de Reyes en deuxième mi-temps, ainsi qu’un meilleur enchaînement de passes (notamment entre le trio Gasol-Reyes-Rudy), fait trop de mal à des Lituaniens sans suffisamment de profondeur de banc pour que ceux-ci arrivent à inverser la tendance.
En définitive, la victoire des Ibères est logique et l’on peut maintenant se lécher les babines pour le match attendu depuis le début du tournoi, entre les deux meilleures équipes du monde (par souci de simplicité, je n’inclus pas les SG3 du T.B.C.). Faites vos jeux ! (Ah ! Ah ! Celle-ci n’a bien sûr jamais été faite…)
To be continued…
De notre envoyé spécial devant son écran d'ordi à Toulouse, Sylvain K.
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